L’heure aixoise

Inutile d’insister, la réponse sera toujours la même. Que l’on vienne de Puyricard, de Venelles, d’Eguilles ou de Vauvenargues, tous ces petits villages qui gravitent autour d’Aix-en-Provence et qui appartiennent au Pays d’Aix, sont tous, et en particulier pour les agents immobiliers, à « à peine dix minutes ». Pas dix petites minutes, ou dix grosses minutes comme pourraient le dire par exemple les gens du Nord, non, juste à peine dix minutes. On ne sait pas si on calcule de porte à porte ou si on calcule à partir des panneaux d’entrée ou de sortie de villes . On ne sait pas davantage si on calcule en fonction des heures de pointe ou des heures creuses. Et encore moins si on prend en compte le temps de trouver une place de stationnement, véritable pépite d’or au centre d’Aix les jours de marché. La seule chose que l’on sait en revanche, et c’est-ce qu’il faut retenir, c’est que dans l’esprit des Aixois, à peine dix minutes, ce n’est vraiment pas long. Une vingtaine de minutes est un peu plus long. Si un ami vous dit qu’il arrive dans dix minutes, comprenez qu’il arrivera dans l’heure. De même, si l’on vous dit qu’il faut à peine vingt minutes pour aller à Ikea, ne vous étonnez pas de mettre, vous, au moins 35 ou 40 minutes. Vous ne roulez pas moins vite que les autres et vous avez pris le même chemin. Vingt minutes est en fait le temps record, effectué dans les conditions les plus optimales. Sans ralentissement ou embouteillage, sans pluie sur la chaussée, sans travaux ou encore sans accident sur l’autoroute. Un record seulement atteint une fois sur dix mais qui reste le repère indiscutable. Ca frise la mauvaise foi et pourtant, ce n’est pas de ça dont il s’agit. On voulait juste vous dire que le trajet pour aller à Ikea n’était pas trop long.

Plus subtile et plus flou est le discours des professionnels du service. Maints de ces derniers ne donnent carrément pas d’heure précise, se contentant d‘un « je passerai demain matin«  ou d‘un « on voit ça à la fin de la semaine ». Un seul conseil :  continuez à vaquer à vos activités car cela signifie que le professionnel en question arrivera quand il arrivera…, s‘il arrive ! En effet, ça pourra être -avec un peu de chance- avant le lendemain soir ou avant la fin de la semaine d’après… Attendez-vous à ne voir personne les jours de pluie, de mistral, ou de grosse chaleur, et surtout pas un quelconque livreur dont vous n’aurez aucune nouvelle ou au mieux qui se contentera de vous passer un coup de fil le soir à 20 heures pour vous informer avec une agaçante désinvolture qu’il n’est pas passé à 15 heures, comme l‘avait promis – à tort – la secrétaire. Tant pis pour vous si vous avez pris un jour de RTT à l’attendre, il ne va quand même pas ressortir de chez lui alors qu‘il gèle dehors. L’heure aixoise ne se lit pas seulement sur une pendule à qui il manquerait les petites aiguilles, elle se lit sur une pendule qui aurait aussi intégré un thermomètre de la température locale. Mais détendez-vous, il parait que certains réussissent à apprendre l’heure aixoise en « à peine dix minutes »…

L’accent pointu

Certains en sont fiers, d’autres font tout pour l’atténuer. De quoi ? Mais de leur accent, bien sûr ! Plus ou moins prononcé selon les gens, cet accent du Sud évoque pourtant pour le Parisien ce qui lui manque souvent à Paris, à savoir le soleil, et la douceur de vivre. Peu importe que cet accent soit de Nice, de Marseille ou de Carcassonne : pourvu qu’il soit “chantant”, il est du Sud. Certains -les malheureux- le prennent exprès – en ajoutant par exemple des “aing” ou des “ong” à chaque fin de mot ou de phrase. Ils ignorent sans doute que cela est considéré comme grossier et surtout moqueur. L’emploi des expressions locales est en revanche bien apprécié, surtout si vous n’hésitez pas à demander à votre interlocuteur de vous en expliquer le sens. Car lui aussi vous a immédiatement démasqué. Votre accent vous a trahi. Vous avez, comme on dit ici, “l’accent pointu”. Cet accent qui évoque la Capitale, l’élite, le pouvoir et tout ce qui s’en suit. Si on vous dit “mais vous avez l’accent pointu, vous ! Vous n’êtes pas d’ici”, ne le prenez pas mal, et n’ayez crainte : votre interlocuteur aura la délicatesse de ne pas l’imiter…

Lietmotiv

Si tu as envie de travailler, assieds-toi et attends que ça passe. (Proverbe marseillais)

 

Remboursez !

Si d’habitude les Provençaux ont peu de compassion envers les Parisiens qui se plaignent du climat pourri à Paname (“c’est pas de notre faute s’ils habitent là”, et/ou “on l’a payé cher notre place au soleil”), force est de constater que ce printemps 2013 les rapproche. Il les rapproche parce que pour une fois, leur mode de vie sera plus ou moins le même. Plutôt que de se baigner et de trainer en maillot de bain toute la journée, d’aller chasser les papillons, et de se gaver de crèmes glacées, voici que les minots vont certainement faire la même chose que les titis parisiens pendant ce long week-end de la Pentecôte : rester en pyjama toute la journée, faire consciencieusement leurs devoirs, apprendre par coeur les morceaux de piano, jouer à des jeux de société, ranger leur chambre, et pourquoi pas faire des crêpes. Histoire de passer le temps, peut-être auront-ils le droit de regarder pour la cinquième fois, “la gloire de mon père” ou “le château de ma mère” de Marcel Pagnol où ce dernier arpentait les collines en culotte courte, même en plein décembre. Cela les fera rêver un peu.  Un comble. Faut habiter où alors ? Remboursez !

 

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Humour

Au top ten des meilleures blagues marseillaises :

Trois jeunes cadres d’entreprise se retrouvent dans un bar à la sortie d’un congrès. Ils boivent une mousse en devisant sur les mérites de leurs écoles respectives. Et la conversation continue jusque dans les toilettes. Le premier qui a fini va se laver les mains puis se les sèche longuement avec de multiples serviettes.

- Moi, j’ai fait l’ESSEC Paris. A l’ESSEC, on nous apprend à être méticuleux ! dit-il.

Le second se lave les mains et se les sèche minutieusement avec toute la surface utile d’une seule serviette.

- Moi aussi j’ai fait mes études à Paris, mais à HEC. A HEC, on nous apprend à être méticuleux bien sur, mais surtout efficaces.

Le troisième sort sans se laver les mains et jette au passage.

- Moi j’ai fait l’Ecole de Commerce de Marseille. A Marseille, on nous apprend à ne pas nous pisser dessus !

(source : les marseillais du monde.com).

 

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